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     Beth Coklin

     

    Ode à la France

    Revisitée

     

    Ohé ! Ohé ! Braves gens, réveillez-vous !

    N'entendez-vous pas dans vos campagnes mugir ce féroce soldat ?

    Il vient jusque dans vos bras,

    Égorger vos fils et vos compagnes.

    La trompette a sonné Grand Dieu !

    Par des mains enchaînées, nos fronts sous le joug se ploieraient ?

    Ce vil despote deviendrait-il le maître de nos destinées ?

    Quoi ! des cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers ?

    La trompette a sonné,

    La mort rôde, cherchant qui elle pourra dévorer.

    Elle entre dans les maisons, dans les églises,

    Car l'étendard sanglant n'y est point élevé.

    Amour sacré de notre Dieu,

    Conduis-nous, soutiens nos bras,

    Liberté, liberté chérie,

    Dieu combat avec nous !

    Sous ton drapeau que la victoire accourt,

    Que tes ennemis voient ton triomphe et ta gloire !

    Aux armes citoyens de la foi, formez vos bataillons, marchez, marchez,

    Élevez haut , la bannière sanglante !

    Du sang de l'agneau, aspergez vos demeures et vos fronts !

    Ainsi, la faucheuse, son chemin, passera,

    Que vos cœurs ne se troublent point,

    Les cris, le feu, la famine, les maladies, la destruction, la haine,

    Élevez haut l'étendard sanglant et la mort n'aura point raison de vous.

     

    Gloire, gloire, gloire à notre Seigneur !

     

    Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


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  • LES ANNÉES NOIRES

     Beth Coklin

     

     À la mémoire de nos grands-pères...

     Les années noires

      Je me mis à songer...

     Arbres de nos forêts,

     Vous en avez vu des batailles,

     Des hommes qui à vos pieds s'inclinaient,

     Jours de grisaille,

     Jours maudits,

     Où le vent soufflait à vous faire plier,

     Où rugissaient les bourrasques dans vos branches asservies,

     Où le moribond se transportait dans le bourbier,

     Fusils à la main.

     Vos écorces lui servant parfois de bouclier,

     Rampant vers un avenir incertain.

     Combien de suppliciés ?

     Vous le savez vous, les visionnaires de la mémoire.

     La mousse absorbait ma conscience perturbée,

     Quand subit, vint se percher une corneille noire.

     De part la couleur de sa plume,

     Elle semblait porter le deuil de l'histoire.

     Pourtant, elle fit lever de tout mon être, la brume.

     Sois forte, vie, rêve, espère, prie...

     La forêt enterrait ses drames,

     J'y avais perdu mon esprit

     Mais j'y avais trouvé mon âme !

      

    Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


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    Le vent

    Le vent

    Le vent se lève ce matin,

    Une brise légère amenant le chagrin. 

    Écrire, oui voilà écrire ; 

    Écrire des mots sans les dire, 

    Des mots secrets, 

    Des mots discrets, 

    Juste pour Lui. 

    Des mots comme un trésor enfoui. 

    J'aime la solitude, 

    Elle est pour moi une gratitude, 

    Elle me permet de méditer,

    Elle me permet de composer, 

    Je peux de la sorte, répandre mes pensées ; 

    Une musique me donne le ton, 

    Selon mon humeur, selon mon aspiration. 

    Et voilà, les mots qui s'envolent, 

    Porté par le vent qui me console. 

    Le A claironne, 

    Le M tourbillonne,

    Le O frisonne, 

    Le U devant la plume s'émotionne, 

    Le R prend la couronne. 

    Ainsi, s'envole l'Amour ! 

    Qui pourra arrêter l'Amour ? 

    Pas même le plus méchant ; 

    Mon Bien-aimé a suscité le vent.

      Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


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    Le Paradis des chiens

    A ta mémoire

     

    Chaque jour était accueilli par la joie de nous dire bonjour,

    Tu allais alors, te recoucher,

    Apaisée de nous savoir à tes côtés.

    La vieillesse, cette ennemie, n'épargne pas les chiens ;

    Et c'est le silence absolu

    Qui désormais, le matin, nous salue.

    Cette séparation devient pesante,

    Ainsi, je me mets à te parler, comme si tu étais encore vivante.

    Pourtant, la réalité se devra d'être acceptée,

    Tu nous as quittés.

    La nuit a gelé le camélia sur ta tombe,

    Les fleurs aussi, au chagrin, succombe.

    Ma petite Boulette, avec toi, c'est toute une lignée qui s'est éteinte,

    Tu t'es endormie dans une dernière étreinte.

    Mais où peuvent bien aller l'âme des chiens ?

    Eux les fidèles, pleins de vertu

    Et nous, sans eux, perdus ?

    Ô Dieu créateur de toute chair,

    Ne peux-tu nous ramener aux jours d'hier ?

    Aux jours enchantés de notre jeunesse,

    A ces moments de richesse,

    Où nos chiens nous entouraient,

    Où avec eux, nos enfants jouaient, riaient ?

    Toi , le Dieu si généreux !

    Ne peux-tu nous restituer ses moments heureux ?

    Dans l'instant, une sainte pensée me vint à l'esprit,

    Je compris que tout ceci,

    Nous était réservé au Paradis !

     

    Anagallis

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    CHANT BASQUE

    HEGOAK (les Ailes)

    Si je lui avais coupé les ailes,
    Elle aurait été mienne.
    Elle ne serait pas partie.
    Mais ainsi,
    Elle n'aurait plus été un oiseau.
    Et moi, c'est l'oiseau que j'aimais !

     

    PLUME D'OIE

    Comme ton absence me désole mon amie

     

    Plume d'oie

     

     Elle était assise sur un banc,

    Où semblait s'être fixé le temps.

     À l'auberge de l'Ange Gardien,

     Elle s'y sentait bien.

     Elle avait l'air de nous attendre avec bienveillance,

     Sans pourtant montrer une quelconque impatience.

     Elle s'était vêtue d'une jolie toilette aux couleurs chatoyantes.

     Posé sur ses genoux, un livre dont le titre aurait pu être " l'absente. "

     C'est ainsi que je revu " Maman des oies zos " ;

     De sa plume, elle griffait ses lettres de ce sobriquet, comme un sceau.

     Elle nous emmena là où " volent les oies."

     Les oies cendrées et les naines qui prêtent leurs voix.

     Les bernaches et les oies rieuses

     L'encerclaient dans une cacophonie prodigieuse !

     Les oiseaux n'avaient plus de secrets pour elle.

     Ils s'étaient déjà tout dit dans le ciel.

     Les oies des neiges venaient la saluer

     Et commençait alors, un concert de harpe mêlée

     De gorge et de cacardements.

     Elle devenait Nils Holgersson, sur le dos de l'oiseau, voyageant,

     Là où voltigent les notes d'une musique légère.

     Un saint tohu-bohu dédié au Dieu de l'univers.

     Pourquoi, mon amie, es-tu partie en fumée ?

     Sans doute parce que les cendres sont plus ailées !

     Et voilà ton âme abritée par deux jolies oies naines,

     Elles te portent jusqu'aux eaux vives des fontaines.

     Vers la lumière éternelle,

     Là où toujours brille le soleil,

     Où le temps gris n'existe pas,

     Là, où, pour toujours cesseront tes combats.

     Vole la petite plume, vole !

    Ton absence me désole.
     

    Avec toute mon affectzion (terre de Sion).

     

     

    Anagallis

     

    Copyright France ©EZBU4BA-1

     

     


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