•  

     

    LE PETIT VIOLONISTE

     

     

     

     Le petit violoniste

     

    Dors mon enfant dors ;
    Ce soir pour toi, j'irai cuire un pain d'orge.
    Et demain, tu pourras entendre le chant du rouge-gorge.
    Chaque jour est rempli de bonheur.
    Chaque jour tourne le dos au malheur.
    Dors mon enfant dors ;
    Demain, tu joueras pour les saints,
    Pour ceux qui n'ont plus de lendemains.
    Ta nuit est chaude et lumineuse,
    La leur était froide et ténébreuse.
    Dors mon enfant dors ;
    Le ciel emporte nos chères âmes
    Loin de tous ces infâmes.
    Le tango est triste et lugubre,
    Comme une danse funèbre.
    Mais demain, tu joueras pour leur joie,
    Tu joueras pour l'espoir et la foi.
    Mon fils ! Réveille les souvenirs enfouis,
    Fais-les s'envoler, car c'est leur vie.
    Ton violon jouera leur chagrin,
    Et l'on pleurera sur chacun.
    Ils attendent sous l'autel,
    Leurs robes blanches rayonnent dans le ciel.
    Demain, ton violon chantera pour eux,
    Demain, nos martyrs seront heureux.

      Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1

     


    votre commentaire
  •  

     

    BETH COKLIN

     

     

    La grande prostituée et ses filles...

     

    Sortez du milieu d'elles mon peuple !

     Je vous ai fait libre,

     Pensez-vous que je demeure dans ces temples ?

     Que mon cœur, en cet endroit, vibre ?

     Le berceau est froid et lugubre,

     L'odeur de la mort y est incessante,

     Leurs statues sont macabres,

     L'eau du baptême y est polluée,

     Les mariages sont endeuillés,

     Vos corps sont mortifiés,

     C'est l'exécution de vos âmes pratiquantes

     Que vous acceptée avec joie !

     Le dimanche matin... et sonne le beffroi !

     Mais où est votre foi ?

     Vos sépulcres sont blanchis,

     Vous buvez le purin de votre vin,

     Vous mangez le levain de votre pain.

     Vos bâtisses sont jolies,

     Pourtant, dans leurs entrailles,

     Il ne s'y célèbre plus que des funérailles.

     Je hais vos autels consacrés,

     Ornés de pierres précieuses enchâssées,

     Recouverts d'or et de ténèbres.

     Il fait noir, il fait froid,

     Même vos cierges ne parviennent pas à réchauffer l'endroit.

     Mais vous, qui me cherchez,

     Du milieu d'elles, fuyez !

     Élancez-vous dans toute ma création,

     Tout ce qui vit porte mon nom !

     Chantez avec l'oie sauvage

     Qui n'est pas en cage,

     Cantiller avec la rose,

     Que ma pluie vous arrose,

     L'eau du ciel est bonne

     Et c'est toute ma nature qui frissonne.

     Vous me rendrez un culte, en psalmodiant

     Devant l'océan qui ondule au crépuscule,

     Rendez-moi hommage ! Abandonnez-vous !

     Sous mes arbres, couchez-vous

     Puis, attendez...

     

     Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


    votre commentaire
  •  

     

    Le corbeau

    L'oiseau des sorcières vint un jour frapper à ma fenêtre.
    Oiseau de malheur, de solitude et de tristesse.
    Il me regarda de son œil perçant et noir, puis s'envola.
    Le lendemain, il revint frapper à cette même fenêtre.
    Je le regardais discrètement.
    Allait-il m'annoncer par la couleur de son plumage,
    Un deuil, une catastrophe, ou la venue du diable ?
    Il ne me donna pas de réponse.
    Les jours passants, il revint accomplissant toujours son royal manège.
    Soudain, ma conscience tant soit peu hospitalière à cet intrus,
    Me poussa à lui présenter sur le rebord de son perchoir, une noix et du pain.
    Il arriva battant de ses grandes ailes d'ébène et se restaura.
    Il devint pour moi l'oiseau du bonheur,
    Mon torrent de Kerit.
    Derrière le noir, se cache parfois une lumière,
    Une bénédiction tombée du ciel.
    Il était un messager envoyé de D.ieu,
    Une source d'eau vive.
    Rendons à César ce qui appartient à César
    Et arrêtons de faire de Maître Corbeau un oiseau de malheur,
    Tant il est beau dans le bleu du ciel, empreint de liberté.
    Il revint tous les jours durant trois ans.
    Puis, il disparut... Comme il fut venu. 
     
     Anagallis
     

    Copyright France ©EZBU4BA-1

     


    votre commentaire
  •  

    À LA MESSE

    Beth Coklin

     SOUVENIR D'ENFANCE

     

     À la messe

     

     J’arrivais en retard à la messe.

     Oh ! Affliction pécheresse.

     Le premier rang étant réservé aux coupables,

     J'y prenais place, baissant la tête devant ce fait punissable.

     Le long prêche n’en finissant pas, comme à l’accoutumée,

     Je me mettais à bâiller, sous les yeux impitoyables de Monsieur le Curé.

     Déjà la veille, sœur Marie m’avait grondée et menacée :

     -  Jamais vous ne pourrez vous marier avec le Seigneur !

     Pour cause, je n’avais pas porté soin à mon labeur.

     Puis arrivait l’heure du confessionnal.

     Je n’aimais pas l’endroit qui me paraissait glacial.

     Ici, je n’entrevoyais que le visage de mon accusateur ;

     Et bien que son esprit semblât toujours ailleurs,

     Il me posait les ultimes et intemporelles questions :

    -  Alors, auras-tu droit aujourd’hui à l’absolution ?

         Quels ont été tes péchés ces jours, mon enfant ?

    Questions que j’avais, d’avance, méditées amplement.

     À part d’être arrivée en retard et d’avoir dévoilé mon ennui,

    Comme toujours Monsieur le Curé, vous connaissez la gourmande que je suis,

    Et puis avec mon frère, nous avons renversé un pot de fleurs à maman,

    Moi le guet faisant et lui la terre ramassant !

    -  Tout cela n’est pas satisfaisant,

      À genoux, tu réciteras un "notre Père" et deux "je vous salue Marie !"

    Le couperet était tombé sur ma tête, par tant de péchés, alourdie ;

    Je trouvais que le bon Dieu était bien inclément.

    J’ignorais encore qu'un autre D.ieu allait bientôt se révéler à moi intimement...

     

      Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


    votre commentaire
  •  

     

     

    À ma mère patrie

    Qu'elle était belle ma France,

    Pays de gloire et d'espérance,

    Aujourd'hui, mon cœur est en deuil du bonheur.

     Pourtant, elle en a connu des horreurs,

     Des guerres et des pleurs.

     Elle n'a pas toujours été loyale,

     Elle n'a pas toujours été amicale,

     Elle en a des fautes, sous son bonnet, la Marianne !

     Mais comme elle avait du courage la Jeanne !

     Paroisse désormais en ruine,

     Encerclée, l'ennemi la domine

     Et elle, la vaillante, la voici désormais docile,

     "L'amour, l'amour" crie-t-elle, prétextant les évangiles !

     Tu te noies dans ton bénitier,

     L'ennemi n'aura point d'amour pour toi, point de pitié !

    Il est un âne sauvage,

     Sorti tout droit du moyen-âge.

     En sacrifice, donne à D.ieu ta reconnaissance,

     Acquitte tes vœux à Elyon,

     Tourne ton cœur vers Sionne,

     Appelle-le les jours d'angoisse,

     Avant que ta lumière ne décroisse,

     Avant que je pleure le lieu de ma naissance ;

     Il te sauvera et tu lui rendras son importance !

     Il est le D.ieu vengeur,

     Le D.ieu d'Israël et... Ma mère patrie, si fière, se meurt.

     

    Anagallis

    Copyright France ©EZBU4BA-1


    votre commentaire