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    Sans titre 26

     

    Petite Louise est heureuse !

    Elle se fiche de la pluie ennuyeuse ;

    Elle se rit du gros bourdon butineur ;

     Le printemps pointe son nez et le merle chante ses couleurs.

     C'est jour de shabbat et j'allume les bougies ;

     Petite Louise s'étonne de la cérémonie :

     - Que fais-tu ?

     - J'allume les bougies en l'honneur de l'É.ternel ! 

     - C'est beau, mais D.ieu se fiche de tes chandelles,

     D.ieu n'habite pas chez toi,

     D.ieu demeure chez ceux qui ont la foi,

     La maison de D.ieu c'est l'église !

     Là-bas, l'on prie et l'on fraternise.

     Comme il est facile d'endoctriner l'esprit d'un enfant ;

     L'on dit et il croit pleinement.

     - Regarde petite Louise ce si merveilleux paon du jour,

     Contemple-le, il transporte l'amour.

     N'entends-tu pas les louanges des oiseaux ?

     Le bruissement de l'eau ?

     Aspire aux senteurs du thym et de la lavande,

     Voilà la véritable offrande ;

     Ouvre grand tes yeux, petite Louise ;

     D.ieu serait-il prisonnier d'une église ?

     D.ieu est dans toute sa création ;

    Toute la nature exulte son nom.

     Le hibou est son gardien, il veille sur les nuits

     Et le coucou ne parvient pas à se cacher de Lui.

     Le coquelicot lui voue sa passion

     Et devient rouge de confusion.

    Ici, la marguerite devient jeux ;

    Loin d'elle l'hiver ombrageux.

    Mes chandelles, vois-tu, sont des étincelles,

    Elles brillent comme le soleil dans le bleu du ciel,

    Leurs flammes dansent pour l'É.ternel.

    Le banc de l'église, lui, est ennuyeux,

    Il fait bâiller les enfants pieux.

    Chère enfant, toi, cours, chante, sautille dans l'herbe verdoyante,

    Puis endors-toi sur le lit de mousse odorante.

    Dors, petite Louise, D.ieu veille sur ton coeur,

    Voilà le secret du bonheur !

     

    Anagallis

     

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    jeunes-trieusesPhoto internet  

     

     

     À VIRGINIE

     

     

     

    Elle n'était pas du genre moderne ma grand-mère, mais elle avait des valeurs, une morale. Elle avait souffert l'enfer noir et cela se voyait, mais… que parfois. Elle préférait la pluie au soleil, le froid à la chaleur, le Nord au Sud !

     

    Son enfance s’était habillée de poussière grise ramassée dans les entrailles de la terre, là où le soleil est endeuillé, là où la mort rôde pour vous dévorer, là où la chaleur est si forte qu'elle sèche les larmes des enfants.

     

    Elle aurait aimé savoir lire Germinal, mais hélas ! L’endroit ne fréquentait pas l’école.

     

    Seulement, ce que vous ignorez, c’est que malgré la grisaille du lieu, résonnaient les rires et les flonflons de la ducasse, la bière et l'accordéon faisaient tourner les têtes pour oublier la nuit et la mer bleue comme l'azur, étouffait les plaintes.

     

    Pourtant, elle, je ne l’ai jamais bien vu rire, tout au plus un sourire, elle avait souvent le cœur en hiver ma  grand-mère ; mais, je sais une chose, c'est qu'elle nous aimait… à sa manière ! 

     

     

     

    Ta petite-fille

     

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    Dans un grand vend de fleurs

     

    Écoute ! 

    C’est la chanson du prince disparu. 

    Souviens-toi ! Elle contait l’histoire de la création et de ses vertus ; 

    C’était l’histoire du petit Prince et de sa rose apprivoisée. 

    De parfum, il l’avait inondée. 

    La belle avait donné son coeur, 

    À celui qui lui livrait le secret des fleurs. 

    Sur une couche de jasmin, 

    Il venait lui prendre la main, 

    Et la biche, aux yeux attendris, 

    Semblait chercher leurs confidences enfouies. 

    Il affirmait : « Si un jour la mer venait à me désobéir, 

    Mon arc dans les nues viendrait te secourir ! 

    Si un jour les montagnes s’ébranlaient, 

    Au-delà des cimes, je t’emporterais ! 

    Si la terre disparaissait, 

    Sur un coussin de nuages, je te déposerais ! » 

    La lune me l’a dit, 

    Elle aurait vu les amants danser toute la nuit, sous la pluie ; 

    La belle, de ses pétales, lui aurait fait une couronne, 

    Lui, l’aurait embaumée du parfum de la cinnamone, 

    L’huile de l’amour et de ses mystères. 

    L’odeur de la mort et de la vie se mêlant à la terre, 

    Le beau Prince partit à la guerre. 

    La rose pleura longtemps son Bien-aimé disparu ; 

    Puis un jour, dans la clarté du matin, sa Majesté réapparut ; 

    La rose, n’y croyant plus, fut tout en émoi, 

    Pour son aimée, le Prince était devenu Roi ! 

    L’histoire raconte que ce jour-là, la rose perdit toutes ses épines ; 

    Elles tombèrent sur un lit d’aubépines… 

    Pour leur nuit de noces, on put voir les amants s’envoler dans les airs, 

    Leur amour restera toujours, pour beaucoup, un mystère ! 

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    Anagallis

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         Á la mémoire de mon indiscipliné Grand-père Georges Félix
               ainsi qu'aux six millions de juifs assassinés   

     

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      AFIN QUE SACHE LA JEUNE GÉNÉRATION... 

     

    J'avais ramené le livre d'Israël, je l'avais acheté à Yad Vashem, il était un gros livre à la couverture verte comme la couleur de l'olive, symbole de paix, de sagesse et d'espérance ; une  photo ancienne, grise,  d'une jeune femme avec ses deux enfants semblait être figée pour l'éternité sur cette page glacée ;  elle était assise, et paraissait perdue, elle tenait dans ses bras son petit endormi, l'autre  à côté d'elle avait dans le regard toute la pluie du ciel. Au dos de cette couverture, une aquarelle à l'encre et au crayon. Le dessin était séparé en deux par des fils barbelés où était posé délicatement un papillon se profilant sur un ciel bleu teinté de  nuages, figuration de liberté illusoire. Au-dessous, tristes et sombres, des baraquements  noirâtres, nous faisaient comprendre qu'un printemps sinistre s'annonçait. Maman était là, près de moi, elle feuilletait le livre, pendant que je lui racontais mon voyage : Jérusalem, les fruits délicieux, le soleil,  la Mer Morte, je parlais, je parlais, elle, se taisait. J'étais désabusée, elle semblait ne pas m’entendre et être complètement désintéressée par ce que je pouvais bien lui raconter ; elle tournait inlassablement les pages du livre couleur d'espoir ; mais l'olive à maturité vire au noir ;  l'intérieur de l'ouvrage montrait toute l'horreur des camps de concentration et son cortège funeste, des lettres d'enfants, des photos à vous faire verser des seaux de larmes. Le noyau du fruit, dur et osseux, contient aussi une graine, une bonne graine. Aussi, soudainement, comme une envolée d'oiseaux, maman se mit à me parler de l'Avenue d'Eylau dans le XVIe arrondissement de Paris. Elle avait douze ans, elle avait peur, elle voulait se cacher, les portes claquaient, des gens criaient, ma grand-mère et elle ne bougeaient plus. La veille, grand-père, qui était chauffeur d'autorités ministérielles dans la police nationale, était rentré, l'air sombre, il avait dans les mains cette fameuse circulaire qui allait bouleverser la vie de millions de gens : 

     

         Paris, 16-17 juillet 1942  

    « 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...]

    2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.
    3. Les agents chargés de l'arrestation s'assurent lorsque tous les occupants du logement sont à emmener, que les compteurs à gaz, de l'électricité et de l'eau sont bien fermés. Les animaux sont confiés au concierge. [...]
    7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.

    8. Les gardiens et inspecteurs chargés de l'arrestation rempliront les mentions figurant au dos de chacune des fiches :

    • · Indication de l'arrondissement ou de la circonscription du lieu d'arrestation ;
    • · « Arrêté par », en indiquant les noms et services de chacun des gardiens et inspecteurs ayant opéré l'arrestation ;
    • · Le nom de la personne à qui les clés auront été remises ;

    Au cas de non-arrestation seulement de l'individu mentionné sur la fiche, les raisons pour lesquelles elle n'a pu être faite et tous renseignements succincts utiles ;


       Paris, le 12 juillet 1942
    Le Directeur de la Police Municipale 
    Signé HENNEQUIN »  

     

    La mémoire de maman avec l'âge commençant à lui faire défaut,  je la pressais comme si ces confidences ne pouvaient durer que quelques instants ; son visage était grave, elle fronçait les sourcils et semblait étonnée elle-même de voir ressurgir le fantôme d'un passé enfoui au plus profond de son être. 

     - "Sauvez-vous leur dit-il car demain l'on va venir vous arrêter, sauvez- vous !

     - Mais à qui parlait grand-père maman ?

     - Mais... à nos voisins, il y avait une famille juive dans l'immeuble, il les a prévenus ; ils devaient fuir !

     Le lendemain, ils étaient partis, maman ne les a plus jamais revus. 

    Anagallis

                           

     


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    enfant etoile

     

    Poussières d'étoiles

     

    Elles chantent, elles crépitent.

    C'est la voie céleste mettant son voile, 

    Jetant sur la terre son dévolu,

    Sans aucune retenue.

    Étoiles brillantes du matin,

    Étoiles jaunes du chagrin. 

    Poussières d'étoiles virevoltantes tombant sur les toits ;

    Cendres en habit de deuil ;

    Étoiles jaunes, auriez-vous offert au feu votre couleur,

    Afin d’égayer les flammes de votre linceul ?

     

    Anagallis

     

    Copyright France ©EZBU4BA-1

     


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